(LA) MASCHERA DI CERA - LuxAde

CD 1
Programma I
1. Porta del Cielo (1:10)
2. Doppia Immagine (7:49)
3. Un Senso All'impossible (10:18)
i) teatro di follia
ii) il ricordo
4. Orpheus (4:45)
5. Nuova Luce (10:13)
i) passato
ii) sogno
iii) presente
iv) realtà

Programma II
6. Enciclica 1168 (24:29)
7. Schema (v.s.d.) (3:41)
Musiciens
- Agostino Macor: claviers, theremin
- Alessandro Corvaglia: chant, guitare acoustique
- Andrea Monetti: flûtes, saxophone
- Fabio Zuffanti: bassw, bass pedals, chorales
- Maurizio Di Tollo: batterie, percussions

format: CD simple • Immaginifica Records #QQ 1003
date de sortie: mars 2006

Le site web officiel de La Maschera di Cera au:
http://www.mascheradicera.com/

Une critique par Yves Dubé

La scène progressive italienne fut souvent considérée comme l'une des plus prospères musicalement, plus que partout ailleurs. À travers les années 70 (et au-delà), la «botte» nous a offert parmi les groupe les plus accomplis de l'histoire de la musique progressive: PFM, Banco, Area, Metamorphosi, Le Orme, Il Balleto Di Bronzo, pour n'en mentionner que quelques-uns des années 70, et Deus Ex Machina, Finisterre, puis maintenant, La Maschera Di Cera, pour mentionner les groupes contemporains.

On peut soutenir que la musique représente une culture au même niveau que la cuisine. Vous aurez une bonne idée d'une nation par son style musical, ainsi que par son expertise culinaire. En suivant cette ligne de pensée, il est facile de voir un parallèle entre la cuisine italienne et la musique progressive italienne. Dans les deux cas, on déguste des saveurs vives, créées de façon basique avec les mêmes ingrédients primaires. La scène progressive italienne semble avoir toujours, d'après moi, produit des groupes avec une approche sonore similaire, comme la cuisine italienne semble être composée des mêmes ingrédients, utilisés de façon un peu différente d'une région à l'autre. Donc, si quelqu'un n'apprécie pas la musique progressive italienne, cette personne pourra difficilement faire exception à la règle, quel que soit l'album.

On peut donc en déduire que Fabio Zuffanti serait le «Iron Chef» musical de l'Italie? Ce bassiste versatile a été l'un des piliers de la musique progressive italienne, ayant participé dans divers projets au cours des derrnières années. Avec La Maschera Di Cera (le masque de cire) Monsieur Zuffanti a réeussi à recréer les sons classique du progressif italien des années 70. Sur
LuxAde, le troisième album studio du groupe, cette vision atteint son apogée. Cet album est une oeuvre progressive colossale, et saisissante, de la première pièce à la dernière. Sept composition, en passant du sorbet musical d'un peu plus d'une minute jusqu'au festin de 24 minutes, digne d'un roi... vous serez assurés de quitter la table bien rempli! Dans la tradition progressive italienne la plus pure, La Maschera Di Cera utilise pratiquement tous les instruments musicaux jamais utilisés pendant l'âge d'or du progressif. Des tonnes de claviers analogues, incluant bien sûr le suprême Mellotron, l'orgue Hammond, le clavinet, le theremin, et même un vénérable Crumar, sont en premier plan, accompagnés de diverses flûtes et saxophones, le tout conjugué par les instruments rock traditionnels. Les portions vocales, toutes chantées en italien bien sûr, sont livrées avec une voix puissante et très passionnée, qui rappelle un peu celle de Jimmy Spitarel de Metamorfosi. La musique en elle-même est une justaposition des passages paisibles et vaporeux avec les moments plus intenses, grandiloquents et ronflants. Un Senso All’Impossibile représente le meilleur exemple de ce contraste. La pièce d'introduction Teatre di Follia commence de façon très délicate et feutrée, mais ne vous laissez pas guider par ce faux sentiment de sécurité car le segment final de cette composition Il Ricordo est une véritable tornade qui aura de quoi vous défriser par sa puissance, son rythme exubérant, ses envolées à la flûte et ses claviers déchaînés... le tout livré de façon très mélodieuse. Au fait, il semble que le groupe développe le son de ses compositions avec une plus grande efficacité sur les pièces plus longues. La composition en quatre parties Nuova Luce est un vrai bijou, une pièce exceptionnelle. Une muraille de claviers se dresse devant l'auditeur, entrecoupés par le chanteur, qui nous offre les refrains les plus doux jusqu'aux rugissements les plus intenses. La merveille de cet album toutefois, est définitivement l'épopée Enciclica 1168 en 9 parties, d'une durée de plus de 24 minutes. Cette pièce à elle seule contient autant d'éléments séduisants et captivants que bien des albums entiers de progressif italien des années 70 (et elle dure presque aussi longtemps que certains d'entre eux). On y trouve les éléments de la musique progressive classique italienne (en particulier PFM et Metamorfosi) réhabilités et relevés. Un pièce épique qui propulse l'auditeur à travers un voyage musical de légereté et de déchaînement contrastants qui rappellent les classiques éternels tels que Felona e Serona de Le Orme et Inferno de Metamorfosi. La pièce, tout comme l'album, livre la marchandise sans équivoque.

Tel que mentionné au début de cette chronique, La Maschera Di Cera adapte les sons des groupes italiens légendaires de l'âge d'or de la musique progressive. Si vous n'êtes pas amateur de ce genre, cet album ne vous convertira pas. Par contre, pour un fan de l'époque et du style (et j'imagine que bien d'entre vous le sont),
LuxAde sera des plus satisfaisants. C'est tout simplement l'un des meilleurs albums de 2006. J'attends avec anticipation leur performance au festival NEARFest cet été.

Mon évaluation de
LuxAde : 9.3/10(album écouté et évalué par Yves Dubé, 25/12/2006)


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